Est-ce que les implants mammaires sont associés au cancer du sein ?
Les implants mammaires en silicone ont été développés dans les années 1960, et popularisée dans les années 1970 et 1980. Bien que leur structure ait changé au fil des ans, nous avons tout de même un très grand recul sur l’effet qu’ils ont sur le corps.
La prothèse mammaire en silicone comprend une enveloppe de silicone contenant un gel de silicone à l’intérieur. Ce gel peut être plus ou moins cohésif (tonique) selon le type de prothèse choisi.
La prothèse mammaire saline comprend elle aussi une enveloppe de silicone, mais elle contient de l’eau saline à l’intérieur.
Il y a donc du silicone en contact avec les tissus dans chaque type d’implant.
Le silicone a été choisi puisqu’il est un produit inerte, c’est-à-dire que le corps ne peut pas le rejeter et ne créera pas de réaction inflammatoire. Cependant, puisqu’il s’agit d’un corps étranger, une capsule réactionnelle sera développée par le corps afin de l’isoler des tissus avoisinants.
D’autres implants médicaux sont aussi fait de silicone, dont certaines prothèses de remplacement d’articulation aux doigts, entre-autre.
Les études ont démontré que les patientes porteuses d’implants mammaires n’ont pas un risque de cancer du sein augmenté et n’ont pas une détection de cancer retardée. En avisant les technologues lors des mammographies, il est possible d’imager adéquatement le sein porteur d’un implant.
Certaines prothèses mammaires sont associées à un risque de cancer appelé le lymphome anaplasique à cellules larges (ALCL). Ce cancer du sang, et non du sein, a été associé aux prothèses mammaires texturées (présentant une surface abrasive) et non avec les implants à surface lisse. Ces implants, que je ne pose plus depuis que cette malheureuse complication a été découverte, sont toutefois toujours disponibles sur le marché et encore populaires en Europe et en Amérique du Sud principalement.
Peut-on être certain à 100% qu’aucun cancer peut se développer, même avec une prothèse de silicone lisse ? La réponse est non. Comme il s’agit d’un corps étranger, il y a un risque très faible qu’un processus inflammatoire anormal s’installe et qu’il puisse
contribuer au développement de ce que l’on appelle un carcinome épidermoide. Ce type de cancer est associé aux réactions inflammatoires anormales et chroniques. Comme mentionné au début du texte, nous avons un recul de plus de 45 ans avec les implants mammaires. Le développement de carcinomes épidermoides chez les patientes porteuses d’implants mammaire est somme toute anecdotique, bien que malheureusement possible.